RDC, Destitution de Mabunda : Tshisekedi a réussi un coup de maître

Le Président de la RDC, Félix Tshisekedi

Ce jeudi 10 décembre 2020, la présidente de l’Assemblée nationale congolaise, membre du Front commun pour le Congo (FCC), coalition ultra-majoritaire au Parlement, a été destituée. 281 voix pour, 200 contre. Comment le camp Tshisekedi a-t-il réussi à retourner en sa faveur une situation dont il ne pouvait, a priori, pas sortir vainqueur ?

L’actualité qui défraie la chronique, cette journée du vendredi 11 décembre 2020, à Kinshasa comme d’ailleurs dans toute la RDC, demeure la destitution de Jeanine Mabunda, présidente de la chambre basse du Parlement, membre du FCC et une des plus fidèles partisanes de l’ancien chef d’Etat, Joseph Kabila. Tellement la chose paraît invraisemblable, vu la majorité confortable dont jouit le FCC au sein de ce Parlement (au moins 300 députés sur un total de 500). Que s’est-il passé ?

Des fissures dans le mur FCC

S’il est vrai que les élus UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) ont bénéficié du soutien de députés d’autres formations politiques comme ceux de la coalition Lamuka, il est tout aussi clair qu’ils ne font pas le nombre pour réussir le coup d’hier. Il leur a donc fallu l’appui de certains députés FCC, du propre camp de Jeanine Mabunda. Au sein de la famille politique de Joseph Kabila, il y a des scissions dont la mouvance présidentielle s’est servie pour atteindre son objectif, moins d’une semaine après la fin de la coalition FCC-CACH prononcée par Félix Tshisekedi.

Peu de temps après ce qu’on peut considérer comme un véritable camouflet, des cadres du FCC n’ont d’ailleurs pas hésité à reconnaître les failles au sein de leur formation politique. C’est le cas de François Nzekuye qui a déclaré : « Nous avons perdu. Il y a certains de nos collègues avec qui nous avons cheminé ensemble depuis de longues années et qui ne veulent peut-être plus. Il y en a aussi, comme dans toute société, qui sont des mécontents et qui nous ont passé un message par ce vote ».

Pour ce député national, l’heure de la réorganisation du FCC a sonné : « Nous allons en tenir compte et nous réorganiser pour gagner à nouveau lors des élections des nouveaux membres du bureau définitif. La plupart des députés qui ont fait tomber le bureau Mabunda sont du FCC. Nous allons travailler pour occuper à nouveau le bureau ».
Même son de cloche du côté de Patrick Nkanga, un autre cadre du PPRD : « L’heure est venue pour que des changements profonds s’opèrent au PPRD ainsi qu’au FCC ».

La question à présent est de savoir si le FCC réussira à faire revenir ses enfants prodigues au bercail ou s’ils sont définitivement perdus et acquis à Félix Tshisekedi. Dans tous les cas, le temps est à la joie et l’allégresse dans le camp du Président Félix Tshisekedi qui, pour l’heure, semble avoir la majorité rêvée, l’Union sacrée de la nation qu’il souhaite pour mettre aisément en exécution son programme gouvernemental. La configuration du nouveau bureau à mettre en place à l’Assemblée nationale permettra de savoir si la gifle administrée au FCC, hier, jeudi 10 décembre 2020, est un accident de parcours comme le prétendent certains membres de cette famille politique ou un basculement de la majorité parlementaire.

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