RDC : ce que les Congolais attendent des consultations nationales  

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Entre résolution de la crise socioéconomique, pessimisme et amélioration de la situation sécuritaire dans la partie Est du pays, les avis des Congolais restent partagés sur les consultations nationales, débutées lundi 2 novembre, à Kinshasa.

De Bukavu en passant par Goma et Lubumbashi pour chuter à Kinshasa, le début des consultations suscite un débat dans les rues de nombreuses villes en République Démocratique du Congo. Et une frange des Congolais attend beaucoup de ces assises, alors qu’une autre reste pessimiste sur l’objectif de ces assises visant la création d’une « Union Sacrée de la Nation », tel qu’annoncé par Félix Tshisekedi. Décryptage !

Si certains sont partagés entre précarité économique et application de la gratuité de l’enseignement de base, d’autres tablent sur l’amélioration de la situation sécuritaire dans la partie Est du pays. Pour Abedi, 32 ans et enseignant dans une école publique de la ville de Bukavu, « de ces consultations, nous attendons la prise en charge des enseignants par l’Etat congolais et la gratuité de l’enseignement primaire et secondaire comme l’avait annoncé le Président Tshisekedi, en octobre 2019, lors d’un meeting ». L’attente de cet enseignant fait suite à la perturbation de la rentrée scolaire 2020-2021, dans nombreuses écoles publiques dans cette ville. Dans cette partie du pays, nombreux enseignants ne sont pas pris en charge par le gouvernement congolais.

Pour Madame Faida, vendeuse des denrées alimentaires: « que ces consultations nationales soient un cadre d’échange autour des vrais problèmes des congolais. Citant entre autres : le taux élevé de chômage, l’insécurité et la résolution de la crise économique».

« De ces assises, nous attendons la fin de l’insécurité dans l’est du pays »

L’amélioration de la situation sécuritaire dans la partie est du pays, c’est aussi l’une des attentes de nombreux Congolais. « L’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir n’a pas mis fin aux scènes de tueries à Beni et à l’activisme des groupes armés au Nord et Sud-Kivu et en Ituri. Que ces consultations puissent se pencher sur cette question », déclaré Gentil, 26 ans et étudiant dans une institution supérieure de la ville de Goma, dans l’Est.

Pour sa part, Mademoiselle Nyembo estime que la priorité demeure la situation sécuritaire alarmante dans l’Est du pays. « Depuis de décennies, la région du Kivu fait face à l’insécurité. Cette situation déstabilise cette partie du pays, sous les yeux des autorités. De ces assises, nous attendons la fin de l’insécurité dans l’Est ».

« Une consultation de trop »

Par ailleurs, se référant aux consultations de 1990, au crépuscule du règne de feu Mobutu Sese Seko et celle de 2015 sous l’ère Kabila, d’autres Congolais estiment que ces consultations sont « inopportunes ». D’après eux, étant démocratiquement élu, le chef de l’Etat devrait prendre le destin du pays en mains et non amorcer des consultations qui ne résoudront pas forcement les problèmes des Congolais. « Ces assises n’apporteront pas grand-chose au peuple congolais. En tant que garant de la nation, Félix Tshisekedi devrait prendre ses responsabilités en mains pour relever les nombreux défis que doit relever la RDC », note un internaute depuis Kinshasa. Pour Nsimba, étudiant à l’Université de Lubumbashi, « ces consultations n’aboutiront à rien. Même pas à l’union sacré de la nation. Il justifie son pessimiste par l’égoïsme des hommes politiques congolais, qui priorisent leurs intérêts privés au détriment de ceux de la nation ».

Débutées ce 2 novembre à Kinshasa, la capitale congolaise, ces consultations concernent essentiellement des acteurs et organisations sociopolitiques les plus représentatifs, tel que annoncé par Félix Tshisekedi, lors de son adresse à la nation, le 23 octobre dernier. Pour ce premier jour, le Chef de l’Etat a reçu les représentants des institutions d’appui à la démocratie, dont la Société civile, les confessions religieuses et la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

A lire : RDC : comment la classe sociopolitique réagit au discours de Félix Tshisekedi

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