RDC : après Mabunda et Ilunga, le président pro-Kabila du Sénat visé par une motion de censure

Thambwe Alexis

Le camp du Président congolais Félix Tshisekedi est décidé à en découdre totalement avec le FCC. Après avoir réussi à destituer la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, et pousser à la démission le Premier ministre, Sylvestre Ilunga, la nouvelle majorité favorable à Félix Tshisekedi se retourne contre le seul élément du FCC encore à la tête d’une institution étatique : Alexis Thambwe Mwamba, président du Sénat.

« Jamais deux sans trois », dit l’adage. Alexis Thambwe Mwamba, président du Sénat, est le troisième et dernier pro-Kabila encore à la tête d’une institution en République Démocratique du Congo. Mais certainement plus pour longtemps, quand on considère les événements qui ont secoué le Sénat, ce jour. En effet, ce mardi, alors que le président du Sénat a convoqué, en pleines vacances parlementaires, une session extraordinaire pour se pencher sur l’examen et l’adoption du projet de loi autorisant la RDC à ratifier l’accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), une motion de censure a été déposée contre son bureau et lui. 64 sénateurs sur les 109 qui constituent l’institution ont signé cette motion. « Nous venons par la présente, sur pied des articles 27 de la Constitution, alinéa 5, et 28, alinéas 2 à 5 du Règlement intérieur du Sénat, déposer cette pétition en vue d’exiger votre déchéance par l’assemblée plénière du Sénat, de votre fonction de président du Sénat », lit-on dans la lettre de transmission de la motion portée par le sénateur Valentin Gerengo du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.

Tensions dans l’hémicycle

L’introduction de cette motion de censure installa une atmosphère de vives tensions au sein de l’hémicycle, les échanges étant devenus virulents entre les sénateurs des deux camps qui ont failli en venir aux mains. Les signataires de la motion voulaient que l’examen de cette motion soit inscrit à l’ordre du jour de la session, ce que leurs vis-à-vis ont rejeté d’emblée. Selon la presse locale, d’importants détachements de la police ont même été déployés aux alentours du bâtiment abritant le Sénat.

La réponse du berger à la bergère

La motion de censure introduite par les pro-Tshisekedi vise tous les membres du bureau du Sénat, à l’exception du premier vice-président, Samy Badibanga, qui est un des leurs. La réaction ne tardera pas à venir du camp des sénateurs FCC. Quelques heures après la transmission de la motion de Valentin Gerengo, les sénateurs pro-Kabila ont, à leur tour, introduit une motion de censure contre Samy Badibanga. « Nous avons l’honneur de venir par la présente, sur pied des articles 27 de la constitution, alinéa 5, et 28, alinéas 2 à 5 du Règlement intérieur du Sénat, déposer une pétition en vue de demander votre déchéance par l’assemblée plénière du Sénat de votre fonction de premier vice-président du Sénat », peut-on lire dans la correspondance transmise au président de l’institution.

Le président du Sénat pris entre deux feux

La motion de censure adressée, ce jour, contre Alexis Thambwe Mwamba semble intervenir pour sceller le sort du président du Sénat contre lequel s’est, par ailleurs, enclenchée depuis ce lundi une procédure judiciaire. Le procureur de la Cour de cassation a adressé, ce lundi 1er février 2021, au bureau du Sénat, un courrier lui demandant d’autoriser son président à présenter ses moyens de défense dans une accusation de détournement de deniers publics qui pèse contre lui. En effet, il est reproché à Alexis Thambwe Mwamba de s’être fait remettre, le 6 janvier dernier, à sa résidence, les sommes de deux millions d’euros et d’un million de dollars.

Il faut rappeler que ces derniers événements concernant le président du Sénat interviennent dans un contexte de guerre totale entre le camp de Félix Tshisekedi et celui de son prédécesseur, Joseph Kabila, avec lequel il est décidé à en découdre à tout prix.

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