RDC, Affaire Tshala Muana : Fayulu avait-il gagné les élections ?

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Martin Fayulu

L’affaire Tshala Muana, qui secoue actuellement la République Démocratique du Congo, remet sur la table des débats les résultats de la dernière Présidentielle ayant donné pour vainqueur Félix Tshisekedi. Résultats qu’avait contesté Martin Fayulu, arrivé deuxième, à l’époque.

La chanteuse congolaise Tshala Muana, 62 ans, est arrêtée par les autorités de la République Démocratique du Congo. Cela fait suite à la sortie de sa chanson, « Ingratitude », dans laquelle elle aurait prétendument tiré à boulets rouges, en termes voilés, sur le Président Felix Tshisekedi.

Si les paroles de la chanson de Tshala Muana n’évoquent pas le nom du Président Félix Tshisekedi, elles parlent d’un élève qui se retourne contre son enseignant malgré le fait que ce dernier l’a aidé à passer en classe supérieure alors que l’élève n’avait pas réussi aux examens.

« Martin Fayulu nouveau Président de la RDC ».

En clair, Félix Tshisekedi n’a pas remporté les élections. Pourtant, le 31 décembre 2018, AFRIK.COM, titrait « Martin Fayulu nouveau Président de la RDC ». En substance, le journal avait écrit : « Les résultats qui commencèrent à tomber un peu partout, les compte-rendus des dépouillements publics des bureaux de vote largement photographiés et partagés sur les réseaux sociaux ne laissent pas place au doute ».

« Le vote qui s’est déroulé dimanche 30 décembre 2018 a vu une déroute presque complète du candidat-dauphin de Joseph Kabila, dont la campagne n’avait pas été à la hauteur des attentes, et dont le nom est resté inconnu de la presse internationale qui ne le désigne que par la périphrase partout répétée: « le dauphin de Kabila ».  Or, en Afrique, comme partout dans le monde, il n’est pas très bon d’être le dauphin. Le peuple aime choisir lui-même celui qui le dirige ».

« Le grand vainqueur du scrutin est sans l’ombre d’un doute Martin Fayulu, qui arrive pratiquement en tête dans tous les bureaux de vote, le plus souvent très nettement, mis à part dans quelques régions spécifiques où Félix Tshisekedi, fils de feu Etienne du même nom, a gardé un enracinement ».

« Il ne sera pas possible à la Commission électorale de contester l’élection de Martin Fayulu, qui a été plus large encore qu’espérée, et qui s’est accompagnée d’une véritable déroute du candidat du pouvoir, le « dauphin » de Kabila… », avait donc écrit AFRIK.COM, qui avait poursuivi, en indiquant : « Cette nuit, la Commission électorale indépendante a annoncé l’élection de Félix Tshisekedi à la tête de la magistrature suprême ».

« L’Eglise demande de publier les résultats tout en respectant le choix des Congolais »

« Selon les chiffres de la CENI, le vainqueur a été crédité de 7 051 013 voix, soit 38,57% des suffrages exprimés, suivi de Martin Fayulu qui se retrouve avec 6 366 732 voix, soit 34,83%, et Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin de Joseph Kabila, ferme la boucle avec 4 357 359 voix, soit 23,84% des votes. Martin Fayulu ne partage toutefois pas les résultats annoncés par la CENI. Mieux, il dénonce un putsch électoral et en appelle à l’arbitrage de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo).

« L’on sait que les Evêques de la République Démocratique du Congo avaient affirmé détenir le nom du vainqueur de la Présidentielle du 30 décembre dernier, mettant la pression dur la CENI, notamment le président de l’institution, Corneille Nangaa, à qui l’Eglise demandait de publier les résultats tout en respectant le choix des Congolais »

« L’abbé Donatien Nsholé, secrétaire général de la CENCO, insistait que « la CENI est appelée à publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité ». Cette vérité a-t-elle été respectée ? L’Eglise, qui a déployé quelque 40 000 observateurs dans le pays, pour superviser le vote, aurait même annoncé au Président sortant Joseph Kabila le nom du vainqueur de cette Présidentielle. Quel est ce nom détenu par l’Eglise et annoncé au désormais ex-chef de l’Etat ? C’est là toute la question. Les Congolais sont suspendus aux lèvres de la CENCO ».

Sauf que le CENCO s’était tue à jamais. Jusqu’à ce que Tshala Muana, dans sa chanson, confirme ce que beaucoup savaient et disaient : que Martin Fayulu était le vainqueur de cette Présidentielle. Si cette version des faits se confirme, en RDC, il s’agit d’une affaire brigands qui aura mal tourné. Kabila, qui s’est donc arrangé pour transmettre le pouvoir à Tshisekedi, a vu ce dernier le poignarder dans le dos. Une affaire de gangs qui aura mal tourné.

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