Polémique à Toulouse : Mgr Robert Le Gall ne fait-il pas l’apologie du terrorisme ?

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Hier, vendredi matin, l’archevêque de Toulouse, Monseigneur Robert Le Gall, estimant que la liberté d’expression « a ses limites », a mis en garde : « Vous voyez ce que ça donne ». Une sortie qui fait suite à deux attentats meurtriers perpétrés en France. N’est-ce pas là une apologie du terrorisme ?

Ce vendredi 30 octobre 2020, Monseigneur Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, a effectué une sortie publique sur les ondes de France Bleu Occitanie, en lien avec l’attentat perpétré jeudi 29 octobre, dans une église de Nice. Selon l’archevêque de Toulouse, on « met de l’huile sur le feu » avec des caricatures, reprend La Dépêche.

L’archevêque va plus loin, indiquant qu’« on ne peut pas se permettre de se moquer des religions », avant de donner sa position sur la question des caricatures, qui secoue le monde entier depuis quelque temps. « Il faudrait apaiser tout cela, parce que ces caricatures sont contre les musulmans, mais aussi contre la foi chrétienne », a estimé le religieux.

Cette sortie du religieux intervient deux semaines après l’assassinat dans les Yvelines de Samuel Paty, un professeur qui, lors d’un cours sur la liberté d’expression, a montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, une étoile sur la fesse, avec les inscriptions suivantes : « Une étoile est née ». En réponse à ce meurtre, le Président français, Emmanuel Macron, a insisté que : « Nous allons continuer ces caricatures ».

Selon Monseigneur Robert Le Gall, il serait plus prudent d’arrêter de diffuser les caricatures, car, dit-il, « on voit les conséquences », estimant que la liberté d’expression « a des limites ». Pour l’archevêque de Toulouse, « on ne se moque pas impunément des religions », avant de déduire : « Vous voyez ce que ça donne ».

Des propos qui ont certes déclenché une polémique comme l’a souligné La Dépêche, avec notamment la sortie sur son compte Twitter de la présidente PS de la Région Occitanie Carole Delga, qui a indiqué que « la laïcité, la liberté d’expression et le droit de critiquer toute institution religieuse sont indissociables de notre pacte démocratique et républicain. Ce n’est pas négociable ! ».

Cette séquence permet d’aborder la sérieuse question de la liberté en général, surtout de la liberté d’expression, notamment dans une France, Bleu-Blanc-Rouge, « Tricolore et Multicolore » accompagnant la belle devise : Liberté-Egalité-Fraternité. La liberté d’expression existe-t-elle réellement en France et même partout dans le monde ?

Cette question a pourtant été campée par le droit, qui indique que « la liberté commence là où s’arrête celle des autres ». Il suffit de prêter ces propos de Monseigneur Robert Le Gall à, par exemple, un Imam, choisissons un nom : Abdallah Latifa, pour voir apparaître un terme nouveau : « apologie du terrorisme ». Quel imam de France a la liberté de s’exprimer, de répéter ce qu’a dit l’archevêque de Toulouse, sans craintes de subir les foudres les plus violentes ?

Certains imams ont peut-être pensé comme Monseigneur Robert Le Gall, mais n’ont pas la liberté de s’exprimer comme ce religieux. Ils n’ont pas, tout simplement, la liberté d’expression. Seulement, il s’agit ici de Monseigneur et non d’Imam, de Robert et non d’Abdallah, de Le Gall et non de Latifa. Donc, cette question d’apologie du terrorisme n’a visiblement pas sa place.

Et au moment où ces lignes sont mises sous presse, aucune intervention, que cela soit celle de Jean-Luc Melenchon, de Carole Delga ou d’une quelconque autorité, n’a orienté la sortie de Monseigneur Robert Le Gall dans le sens de l’apologie du terrorisme. L’archevêque de Toulouse, dans le cadre de la liberté d’expression autorisée à certains religieux, a dit ce qu’il pensait. Au nom de la… liberté d’expression.

L’archevêque de Toulouse ne court aucun risque de poursuites judiciaires, si ce ne sont certaines piques aux allures d’indignation, de personnalités qui invoquent, convoquent et insistent sur la liberté d’expression qui ne serait pas « négociable ». Cette liberté d’expression qui, faut-il le reconnaître, a bien des limites. Car des images de dirigeants politiques, dans leur stricte intimité, ne courent pas les colonnes de la presse ou les salles de classe ou, tout simplement, les rues.

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