Ouganda : Bobi Wine devenu le trouble-sommeil de Museveni

Le candidat de l’opposition à la Présidentielle ougandaise, Bobi Wine, s’est montré provocateur vendredi après avoir été libéré sous caution à la suite de violents affrontements entre les forces de sécurité et ses partisans qui ont fait au moins 37 morts, marquant un début violent de la saison électorale dans le pays.

À peine libéré sous caution, Bobi Wine est réapparu en public. Le chanteur star devenu député ne souhaite pas lâcher malgré le bain de sang qui a suivi sa dernière arrestation. « J’ai été violemment arrêté, torturé pendant ma détention, menacé de mort, mais cela n’a pas brisé ma résolution », a déclaré Bobie Wine après sa libération. « Je promets au peuple ougandais que quelle que soit la situation, je ne les abandonnerai pas dans un voyage que nous avons commencé ensemble. Nous devons le terminer ensemble. Et ce ne sera possible que lorsque nous aurons destitué un dictateur du pouvoir », a-t-il dit, faisant référence à Museveni.

Lors d’une cérémonie à Kampala, en hommage aux 37 victimes des affrontements entre ses partisans et les forces d’interventions ougandaises, le futur candidat à la Présidentielle a tenu à s’adresser au chef du pouvoir actuel, Yoweri Museveni. « Il (Yoweri Museveni) est confronté à une génération qui est à la fois affamée et en colère. Une génération qui est résolue à ne rien lâcher pour obtenir sa liberté. Une génération qui l’a déjà exprimée dans le passé et le dit encore : «nous ne sommes pas vos esclaves ». Les brutalités, les jets de gaz lacrymogène, ou les tortures ne nous arrêteront pas », a indiqué Bobi Wine.

Human Rights Watch accuse l’Ouganda de chercher à « militariser » les restrictions à la pandémie, en utilisant des règles sur les rassemblements pour mettre fin aux rassemblements politiques. « Les autorités ont systématiquement utilisé les directives du Covid-19 comme excuse pour la répression violente de l’opposition plutôt que pour sauvegarder le terrain de jeu démocratique pour des élections libres et équitables », a déclaré Oryem Nyeko, chercheur sur l’Ouganda et la Tanzanie, auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « La vague croissante de violence, si tôt dans la saison électorale, n’augure rien de bon pour les semaines à venir avant les élections », a déclaré Nyeko.

En attendant l’élection présidentielle prévue en janvier 2021, Bobi Wine devra d’abord comparaître le 18 décembre devant la justice ougandaise pour avoir tenu une réunion publique « susceptible de propager le Covid-19 ».

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