Nigeria : trafic alarmant d’espèces sauvages

La corruption a fait du Nigeria le plus gros trafiquant d’ivoire et d’écailles de pangolins de l’Afrique centrale et occidentale vers l’Asie, selon un rapport de l’Agence d’enquête environnementale. Le groupe basé à Londres estime qu’au cours des cinq dernières années, le Nigeria a été impliqué dans des saisies mondiales représentant 4 400 éléphants et des centaines de milliers de pangolins en voie de disparition.

Aaron Olamilekan, un défenseur nigérian de la faune, a pris la parole alors qu’il tenait un pangolin mort qu’il avait acheté à un groupe de chasseurs locaux de retour de la chasse, à la périphérie d’Abuja. « Ils me disent que si la plupart d’entre eux chassent, c’est du fait de la pauvreté; il n’y a pas de travail adéquat pour eux, il ne reçoivent pas de soutien gouvernemental. Donc, ils n’ont pas d’autre choix que d’aller dans la nature », a déclaré Olamilekan.

Les chasseurs vendent les animaux pour gagner de l’argent et subvenir à leurs besoins. Mais Aaron Olamilekan les intercepte parfois, négocie et sauve les espèces menacées. Il dirige un sanctuaire où il dit que les animaux peuvent être réanimés et nourris avant d’être relâchés dans la nature. « L’écosystème est altéré parce que tous ces animaux ont un rôle à jouer dans notre environnement, donc les tuer entraînera une catastrophe future », a-t-il alerté.

La chasse illégale pour le commerce est la principale raison pour laquelle les espèces menacées, telles que les éléphants et les pangolins, sont en déclin constant. Depuis 2015, le Nigeria est le principal point de sortie des écailles de pangolin et de l’ivoire d’éléphant, du continent vers de nombreuses régions d’Asie, où ils sont prisés à des fins décoratives ou pour leurs utilisations médicinales alléguées, mais non prouvées.

Un rapport récent de l’Environmental Investigation Agency (EIA) montre que plus de 30 tonnes d’ivoire et 167 tonnes d’écailles de pangolin ont été passées en contrebande, à travers le pays, en cinq ans. L’EIA accuse la corruption des autorités nigérianes qui laissent poreuses leurs frontières terrestres comme maritimes encourageant le commerce illégal.

« La corruption qui existe dans certains secteurs publics aide le crime organisé à prospérer et encourage le trafic d’ivoire, du pangolin et de plusieurs autres espèces », indique Shruti Suresh, militant senior de la faune à EIA. « Nous avons besoin d’une volonté politique au plus haut niveau du gouvernement, pour donner la priorité à cette question », lance-t-il.

Rappelons que le Nigeria est membre de plusieurs conventions internationales protégeant les espèces sauvages menacées d’extinction, notamment la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES). Les autorités nigérianes continuent de s’engager à protéger la faune, même si les lois destinées à protéger les espèces menacées sont rarement appliquées.

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