La Côte d’Ivoire court vers la catastrophe, selon Laurent Gbagbo

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Dans une interview sur la chaîne française TV5 Monde, hier jeudi, l’ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo, est sorti de son silence pour s’exprimer, depuis la Belgique où il attend un éventuel procès en appel devant la Cour Pénale Internationale (CPI), après son acquittement en première instance de crimes contre l’humanité.

Désormais partie intégrante de l’opposition tout comme Henri Konan Bédié, président de la République de Côte d’Ivoire de 1993 à 1999, Laurent Gbagbo a appelé au dialogue, à deux jours du scrutin présidentiel du 31 octobre. « Ce qui nous attend, c’est la catastrophe. C’est pour ça que je parle. Pour qu’on sache que je ne suis pas d’accord pour aller pieds et poings liés à la catastrophe. Il faut discuter », a-t-il demandé aux différents partis belligérants.

La prise de parole de Laurent Gbagbo était attendue, depuis des mois, par ses partisans alors que le Président sortant, Alassane Dramane Ouattara, se présente à un troisième mandat très controversé. Depuis trois mois, les violences et les affrontements intercommunautaires ont fait plusieurs morts, alors que l’opposition a appelé à la désobéissance civile.

« Aujourd’hui, la cause de ce qui se passe est le non-respect du droit fondamental. Ce n’est pas parce que des candidats ont été éliminés, mais parce que la Constitution n’a pas été respectée. Dans ce combat qui se mène aujourd’hui, autour du troisième mandat, moi, Laurent Gbagbo, ancien chef d’Etat, ancien prisonnier de la CPI, je suis résolument du côté de l’opposition. Je suis résolument dans l’opposition », a indiqué Laurent Gbagbo, qui ne cautionne pas le troisième mandat en Côte d’Ivoire d’Alassane Dramane Ouattara, qui aurait tripatouillé la Constitution pour valider sa candidature.

En revanche, la Constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats présidentiels, mais, selon Alassane Dramane Ouattara, l’adoption d’une nouvelle Constitution, en 2016, a remis le compteur à zéro, ce que conteste farouchement l’opposition. La situation semble très précaire dans le pays et de nombreux Ivoiriens craignent des violences, dix ans après la crise post-électorale de 2010, qui avait fait 3 000 victimes.

À moins d’une énorme surprise de dernière minute, Alassane Ouattara devrait être reconduit, ce samedi 31 octobre 2020, lors de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Alors que les deux candidats d’opposition, Henri Konan Bedie et Pascal Affi N’Guessan, ont maintenu leur ordre de boycott du scrutin, le président-candidat se retrouve quasiment seul en lice. Il est face à Kouadio Konan Bertin, qui a appelé, mardi, les électeurs à aller voter. Candidat indépendant, « KKB » s’était déjà présenté en 2015 où il n’avait obtenu que 3,88% des suffrages.

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