Kenya : un tribunal reporte la condamnation des suspects terroristes de Westgate

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Un tribunal kényan a reporté la condamnation de deux personnes reconnues coupables d’avoir participé à l’attaque du centre commercial Westgate en 2013, afin de permettre à l’agent de probation de remplir et de déposer le rapport des victimes. La condamnation d’Ahmed Abdil et Hassan Mustafa était prévue pour hier jeudi, après que le tribunal de première instance les ait reconnus coupables, au début du mois.

L’accusation, par l’intermédiaire d’Edwin Okello, a déclaré au tribunal que seules 9 victimes avaient enregistré leur déclaration et que l’agent de probation avait besoin de 7 jours pour terminer l’enregistrement des déclarations restantes. La demande d’ajournement de la condamnation n’a pas été contestée par les avocats de la défense, Chacha Mwita et Mbugua Muerithi.

 

L’attaque du Westgate Mall a été revendiquée par les shebab, qui disent agir en représailles à l’intervention militaire du Kenya à la frontière avec la Somalie, où le groupe terroriste menait une insurrection sanglante contre le fragile gouvernement central. Le Kenya est l’un des principaux contributeurs de troupes à la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM) qui, en 2011, a chassé les shebab de Mogadiscio et d’autres bastions urbains, après une offensive de plusieurs mois.

Dans une voiture utilisée par les assaillants pour se rendre à Westgate, la police a trouvé des preuves de cartes SIM nouvellement activées utilisées par les hommes armés. Leurs communications ont été retracées, y compris les appels à Mohamed Ahmed Abdi et Hassan Hussein Mustafa. Un quatrième accusé, Adan Mohammed Abdikadir, a été acquitté début 2019 pour manque de preuves.

L’attaque de Westgate a été l’incident le plus meurtrier de l’extrémisme violent sur le sol kényan, depuis le bombardement de l’ambassade américaine à Nairobi, en 1998, qui a fait 213 morts. Mais depuis l’assaut du complexe commercial, les shebab ont perpétré de nouvelles atrocités, au Kenya contre des cibles civiles.

En avril 2015, des hommes armés sont entrés dans l’université de Garissa et ont tué 148 personnes, presque toutes des étudiants, et beaucoup ont tiré à bout portant sur des personnes en détresse. En janvier 2019, les militants ont de nouveau frappé Nairobi, la capitale kényane, en mitraillant l’hôtel Dusit et les bureaux environnants, tuant 21 personnes.

Par ailleurs, les shebab ont averti, dans un communiqué de janvier, que le Kenya « ne sera jamais en sécurité » tant que ses troupes seraient stationnées en Somalie, et a menacé de nouvelles attaques contre les touristes et les intérêts américains. Le même mois, les shebab ont attaqué une base militaire américaine, dans le nord-est du Kenya, lors d’un raid transfrontalier, tuant trois Américains et détruisant un certain nombre d’avions.

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