Deux pays qui se nomment… Côte d’Ivoire

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L’élection présidentielle du 31 octobre dernier et dont le résultat définitif donne Alassane Ouattara vainqueur, avec plus de 94%, a permis de mettre en exergue deux pays qui ont le même nom : la Côte d’Ivoire.

Des élections viennent d’être bouclées. Et ce scrutin a été remporté par le Président sortant, Alassane Dramane Ouattara. Seulement, au vu des appréciations faites par les différents observateurs, l’on se rend compte qu’il s’agit de deux pays nommés tous deux la Côte d’Ivoire, et qui se trouvent tous deux en Afrique de l’Ouest. Tous deux, si tout se passe bien, seront dirigés par Alassane Ouattara.

Dans la première Côte d’Ivoire, la mission conjointe d’observation de la CEDEAO et celle de l’Union Africaine, a rendu ses conclusions à l’hôtel Ivoire. « Toutes deux reconnaissent la tenue de l’élection, qui est même qualifiée de globalement satisfaisante par l’UA, mais elles pointent aussi un contexte de fortes divergences politiques et les incidents qui ont émaillé le scrutin. Une nouvelle fois, les deux institutions africaines interétatiques appellent les acteurs politiques au dialogue », a écrit RFI.

Dans cette première Côte d’Ivoire, le chef de la mission de la CEDEAO, Hadjibou Soumaré, a regretté les incidents qui ont émaillé le scrutin, « une entrave à la démocratie ». « La mission exhorte toutes les institutions impliquées dans le processus électoral à prendre note des défis associés au scrutin et les invite à prendre les mesures appropriées pour répondre à toutes les préoccupations en vue d’assurer une continuité de l’Etat dans la sérénité et le dialogue ».

Dans cette même Côte d’Ivoire, le chef de la mission de l’Union Africaine, Mohamed Dileita, a qualifié cette élection de « globalement satisfaisante… Les votes observés se sont déroulés dans une atmosphère calme, sereine, dans 98,5% des cas ». Pour sa part, Boubèye Maïga, chef de la mission de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) a conclu que le scrutin a respecté le code électoral. « Tous les acteurs souhaitent le dialogue, le Président Ouattara que nous avons rencontré s’inscrit dans la même perspective. D’autant plus que le pays s’inscrit dans un cycle électoral qui va s’étendre sur plusieurs mois ».

Dans la seconde Côte d’Ivoire, la Mission internationale d’observation électorale (MIOE) déployée en Côte d’Ivoire par l’Institut électoral pour une démocratie durable en Afrique (EISA) et le Centre Carter (TCC) décrit « un scrutin non inclusif et boycotté qui laisse un pays fracturé ». Selon la Mission internationale d’observation électorale (MIOE), le contexte politique et sécuritaire en Côte d’Ivoire « n’a pas permis d’organiser une élection présidentielle compétitive et crédible ».

Invités par les autorités ivoiriennes, depuis août 2020, la Mission internationale d’observation électorale (MIOE) de long-terme « pour observer l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et les élections législatives à venir », est, selon l’APS, composée d’une équipe cadre d’EISA et du Centre Carter basée à Abidjan, de 12 observateurs internationaux de long-terme (OLT) déployés en six équipes sur l’ensemble du pays et de 24 observateurs de court-terme (OCT).

La mission va plus loin, dénonçant que dans cette seconde Côte d’Ivoire, « plusieurs candidats n’ont pas participé à l’élection et une part importante de la population n’a pas participé à ce scrutin. Les appels de l’opposition à la désobéissance civile et les actes de violence qui ont suivi ont également impacté le scrutin. Ces problèmes menacent l’acceptation des résultats par la population et la cohésion du pays ».

Dans son rapport fait sur la deuxième Côte d’Ivoire, la mission relève que « le processus électoral a exclu un grand nombre de forces politiques ivoiriennes et a été boycotté par une partie de la population dans un environnement sécuritaire volatile ».

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