Cameroun : l’opposant Maurice Kamto est désormais libre

Maurice Kamto

Le Pr Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), peut de nouveau vaquer à ses occupations sans être inquiété. Les forces de maintien de l’ordre (policiers et gendarmes), qui avaient cerné son domicile pour l’assigner à résidence surveillée pendant plus de deux mois, viennent de lever le camp, le jour 8 décembre 2020, a-t-on appris de l’annonce rendue publique par René Emmanuel Sadi, ministre de la communication et par ailleurs porte-parole du gouvernement.

L’assignation à résidence du leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a été levée deux jours après la tenue des premières élections régionales du Cameroun, le 6 décembre dernier.

En guise de rappel, cette mise en résidence surveillée avait commencé le 20 septembre 2020, deux jours avant les marches auxquelles l’opposant avait appelé pour protester contre la convocation des élections régionales, demander la fin du conflit dans les régions anglophones et le départ du pouvoir du Président Paul Biya. Qualifiées d’insurrectionnelles, ces manifestations avaient été réprimées par le pouvoir et entraîné des interpellations et incarcérations de plusieurs militants du MRC. Pendant tout ce temps, Maurice Kamto ne recevait que ses avocats et quelques fois des membres de sa famille.

Il faut signaler que le Pr Maurice Kamto, né en 1954, est un avocat et universitaire, ancien ministre délégué à la Justice et homme politique camerounais. Connu pour avoir fait partie de la délégation camerounaise, lors des négociations pour la rétrocession de la presqu’île de Bakassi, territoire disputé avec le Nigeria voisin. En 2004, il quitte la société civile (n’ayant par le passé jamais milité dans aucun parti politique) pour rejoindre comme technocrate le gouvernement en tant que ministre délégué auprès du ministre de la Justice. Il présente sa démission le 30 octobre 2011, soit dix jours avant la formation du nouveau gouvernement. Puis devient une figure de l’opposition au régime de Paul Biya. À la tête du parti MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun), il se présente à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun. Il est emprisonné en janvier 2019 pour des faits de présomption de destruction de biens publics, d’insurrection, de terrorisme, de rébellion et d’hostilité à la patrie. Le 5 octobre 2019, suite à des pressions internationales multiformes, il est libéré ainsi que plusieurs de ses co-accusés, à la suite de la décision de Paul Biya de suspendre les poursuites judiciaires contre les militants du MRC et associés arrêtés dans le cadre de la contestation des résultats de l’élection présidentielle au Cameroun d’octobre 2018.

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