Burkina Faso : le spectre du terrorisme plane sur les élections

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Alors que se profilent les élections législatives et la présidentielle au Burkina Faso, les autorités ont procédé à un renforcement du dispositif de sécurité. Le pays étant presque constamment sous le coup de menaces terroristes, une certaine crispation est de mise en cette période de campagne.

Le 22 novembre, les hommes intègres du Burkina Faso se rendront aux urnes, dans l’optique d’élections au double enjeu présidentiel et législatif. En conséquence, les meetings se multiplient. Ces rassemblements qui, dans certains cas, prennent une allure festive, suscitent des inquiétudes et pour cause, une grande partie du territoire est en situation d’urgence. Les candidats sont dans l’incapacité de se rendre dans certaines localités à cause de nombreuses menaces.

Parmi ces nombreuses menaces figurent les voies minées, les enlèvements éventuels et même des attaques ciblées contre des civils et des éléments des forces de sécurité. La région administrative du Sahel a même été déclarée « zone rouge », et les déplacements y sont limités. Les agents de la CENI n’ont eu la possibilité d’aller que dans trois des neuf communes composant le Soum, l’une des quatre provinces du Sahel. Très peu de nouveaux électeurs ont pu être enrôlés.

Elections exceptionnelles et mesures inédites

La situation qui prévaut dans le Soum est loin d’être un cas isolé. Dimanche, 860 villages à travers ce pays d’Afrique de l’Ouest seront dans l’incapacité d’exprimer leur suffrage à cause de la menace terroriste. Sur ce total, plus de la moitié se trouve dans la région du Sahel, d’après les informations communiquées par la CENI. En vue d’anticiper sur les conséquences de cette situation, les députés avaient procédé, en août, au vote d’une loi censée homologuer les résultats de l’élection, même si cette dernière n’avait pas lieu sur tout le territoire national.

La situation actuelle a permis à la Cour constitutionnelle de noter l’existence d’un « cas de force majeure » sur 17,7% du territoire. Ceci s’explique par la « présence de groupes terroristes dans les localités, l’absence de l’administration dans les zones affectées, l’abandon par les populations de leurs sites d’habitation ».

Malgré tout, les autorités promettent que les élections se dérouleront dans un climat apaisé. En effet, la CENI et le ministère de la Défense nationale et de la sécurité ont mis en place un « plan de sécurisation exceptionnel ». Environ 50 000 éléments des forces de sécurité seront déployés sur le terrain, le jour du scrutin. Il n’est toutefois pas certain que cette disposition rassure les Burkinabés.

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