Afrique : partage des données WhatsApp avec Facebook, un esclavage numérique ?

Facebook et WhatsApp

La mesure portant partage des données des utilisateurs de WhastApp avec Facebook , à compter du 8 février est « un manque à gagner » pour les utilisateurs africains. C’est en substances la réaction de nombreux spécialistes en cybercriminalité, Marketing en ligne ou encore des Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC).

A compter du 8 février, les utilisateurs de WhatsApp, en dehors de l’Europe, seront contraints de partager certaines données avec Facebook. Une mesure qui alimente les indignations et les craintes dans les fiefs des utilisateurs. Pour des spécialistes en Cybercriminalité, Marketing en ligne ou encore en Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), ce partage des données est une forme d’esclavage numérique. Décryptage !

Une bonne stratégie de business en ligne

Partage des données relatives à l’heure, la fréquence et durée des activités et interactions, les adresses IP, les codes géographiques … WhatsApp veut tout donner à Facebook, son daron. Si l’internaute moyen n’y voit aucun risque, des spécialistes eux pensent que ce nouveau mode de fonctionnement de ces deux logiciels est une manière de contrôler les préférences des utilisateurs.

Pour l’ingénieur Marcel Shabani, Master en Big Data et Intelligence Artificielle, derrière cette démarche aux allures d’une « ruse », se cache une stratégie commerciale. « Cette décision est une bonne affaire pour Facebook, qui gagnera en termes d’audience. Par le partage des informations des utilisateurs de WhatsApp, Facebook augmentera son chiffre d’affaire. Cela va faire rayonner son business suite au marketing et à la vente de ces données des utilisateurs aux entreprises », a-t-il confié à Afrik.com.

Esclavage numérique et risque de cybercriminalité

Du haut de ses 16 ans d’existence, la conquête numérique de Facebook est loin d’atteindre son épilogue. Les propos des responsables de ce réseau social laissant croire que cette nouvelle règle d’utilisation est une suite dans le processus d’intégration de WhatsApp dans la structure, ne tient pas debout devant les spécialistes en Cybercriminalité. Ces derniers voient une marge d’esclavage numérique que la bande Zuckeberg veut imposer aux utilisateurs.

« Plusieurs utilisateurs ne comprennent pas encore le vrai mobile de cette règle », assène le Kényan Rolan Olowo. Selon ce consultant en Cybercriminalité, en cas de mauvaise gestion des données des utilisateurs, cette nouvelle politique du duo WhatsApp – Facebook pourrait être à la base de la montée de la cybercriminalité en Afrique dans les jours à venir. « Cette mesure permettra à Facebook d’avoir accès à plusieurs informations nécessaires des utilisateurs dont, leurs numéro de téléphone, leurs noms, leurs accès aux journaux, le journal de toutes leurs discussions sur WhatsApp », note-t-il.

L’ingénieur Marcel Shabani explique que le fait pour « WhatsApp d’utiliser End-to-End Encryptions » ; ce système de cryptage des appels peut faciliter « la cybercriminalité, ainsi que la surveillance des échanges des utilisateurs ». A en croire ce spécialiste en Système d’informatique Géographique, cette nouvelle règle pourrait fragiliser le système de sécurité de nombreux utilisateurs. Il explique que « la possibilité pour Facebook d’avoir accès au numéro qui permet d’identifier le téléphone de l’utilisateur sur le réseau ; au fuseau horaire et au navigateur pourrait contribuer à la géolocalisation des utilisateurs ».

Quelle alternative pour les utilisateurs ?

Face à cette nouvelle règle fixée par WhatsApp, des spécialistes africains des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) plaident, d’une part, pour la mise en place des logiciels de messagerie qui garantissent le respect de la vie privée et d’autre part, pour l’appropriation des réseaux sociaux développés par les jeunes africains. « Pour mettre fin à cette question, nous sommes appelés à nous approprier les réseaux sociaux développés par nos frères Africains », indique M. Owolo.

Même son de cloche pour le Franco-Malien, Amadou Diawara, fondateur du réseau social, Kingui Social.« C’est un réseau social crée en Afrique pour des Africains en particulier et le monde entier en général. Nous assurons le respect de la vie privée par la mise en place des mesures de sécurité et d’une bonne politique de confidentialité », lance-t-il.

Tout en saluant la tendance actuelle des utilisateurs, consistant à migrer vers le réseau social Signal, l’ingénieur Marcel Shabani s’aligne aussi derrière l’idée de l’appropriation et de l’autodétermination des jeunes africains. « L’heure d’apporter une solution à nos problèmes relatives aux Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) a sonné », indique-t-il, ajoutant : « Désormais, nous devons nous inscrire dans la démarche du financement des startups et de l’encouragement des jeunes qui excellent dans les NTIC ».

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